Glossaire

Autoliquidation de la TVA

L'autoliquidation de la TVA transfère au client la charge de déclarer et d'acquitter la taxe, à la place du fournisseur, qui facture alors hors taxe.

Elle s'applique notamment aux acquisitions intracommunautaires, aux importations et à la sous-traitance dans le bâtiment. La facture doit porter la mention « autoliquidation ».

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L'autoliquidation de la TVA est le mécanisme qui déroute le plus les entrepreneurs qui le rencontrent pour la première fois : une facture arrive sans TVA, et c'est pourtant au destinataire de la déclarer. Loin d'être une exception marginale, il s'applique à des situations très courantes, un achat de logiciel à un éditeur européen ou une sous-traitance sur un chantier, et une erreur dans son traitement se voit immédiatement en cas de contrôle.

Qu'est-ce que l'autoliquidation de la TVA ?

L'autoliquidation est le transfert, du fournisseur vers le client, de l'obligation de déclarer et d'acquitter la TVA sur une opération.

Dans le régime ordinaire, le fournisseur facture la taxe, l'encaisse et la reverse à l'État. En autoliquidation, il facture hors taxe et n'a rien à reverser : c'est le client qui déclare lui-même la TVA due, et qui la déduit dans le même mouvement s'il y a droit.

L'opération est donc le plus souvent neutre en trésorerie pour le client : il déclare une TVA collectée et une TVA déductible du même montant. Neutre ne veut pas dire facultatif : l'omission de la déclaration reste une infraction, même sans impact financier.

Dans quels cas elle s'applique

Quatre situations couvrent la quasi-totalité des cas rencontrés par une petite entreprise.

Les acquisitions intracommunautaires. Un achat de biens auprès d'un fournisseur établi dans un autre État membre, dès lors que les deux entreprises disposent d'un numéro de TVA intracommunautaire valide.

Les prestations de services intracommunautaires. Le cas le plus fréquent aujourd'hui : un abonnement logiciel, une prestation de conseil ou une campagne publicitaire facturée par un prestataire européen.

Les importations. Depuis la généralisation de l'autoliquidation à l'importation, la TVA due à l'entrée sur le territoire se déclare directement, sans avance de trésorerie au moment du dédouanement.

La sous-traitance dans le bâtiment. Un sous-traitant facture l'entreprise principale hors taxe, à charge pour cette dernière de déclarer la TVA.

La mention obligatoire

Dans tous les cas, la facture doit porter la mention autoliquidation. Son absence est sanctionnée et fait peser un doute sur le traitement retenu, y compris lorsque le fond est correct.

Les erreurs qui coûtent cher

Trois reviennent régulièrement, et aucune n'est anodine.

Payer une TVA facturée à tort. Un fournisseur européen qui facture de la TVA sur une opération autoliquidable commet une erreur, et cette taxe n'est pas récupérable par le client français. Il faut demander une facture rectificative plutôt que de la déduire.

Oublier de déclarer. Comme l'opération est neutre, la tentation est de ne rien faire. L'administration constate pourtant l'écart entre les données de l'e-reporting et la déclaration, et le rapprochement est automatisé. Une omission répétée finit donc toujours par ressortir, même lorsqu'elle n'a coûté un euro à personne.

Ne pas vérifier le numéro de TVA du partenaire. L'autoliquidation intracommunautaire suppose un numéro valide au moment de l'opération. Un numéro périmé transforme l'opération en vente taxable, et le fournisseur se retourne alors vers son client.

Questions fréquentes

Un micro-entrepreneur en franchise est-il concerné ?
Oui. Un achat de prestation auprès d'un fournisseur européen l'oblige à demander un numéro de TVA intracommunautaire et à déclarer la taxe, qu'il ne pourra pas déduire puisqu'il est en franchise.

Comment se déclare la TVA autoliquidée ?
Sur des lignes dédiées de la déclaration de TVA, en collecté et en déductible. Un outil correctement paramétré les produit sans intervention, et la neutralité de l'opération n'apparaît qu'une fois les deux lignes servies.

L'autoliquidation change-t-elle avec la facturation électronique ?
Le mécanisme reste identique, mais les données remontant à l'administration, les incohérences entre facture et déclaration deviennent détectables plus rapidement.

Comment la repérer sur une facture

Une facture autoliquidable se reconnaît à trois signes concordants, et c'est en les vérifiant ensemble qu'on évite l'erreur.

Le premier est l'absence de TVA : le total hors taxes égale le total à payer. Pris seul, ce signe est ambigu, puisqu'un fournisseur en franchise en base facture lui aussi sans taxe.

Le deuxième est la mention. Une facture autoliquidable porte autoliquidation, là où une facture en franchise porte TVA non applicable, article 293 B du CGI. Deux mentions, deux régimes, deux traitements opposés : la première appelle une déclaration de votre part, la seconde n'appelle rien.

Le troisième est le numéro de TVA intracommunautaire des deux parties, qui doit figurer sur le document. Son absence, sur une facture d'un prestataire européen, est le signe qu'il faut demander une rectification avant de payer.

La vérification prend quelques secondes à la réception. Reconstituée un an plus tard, à partir d'un relevé bancaire et d'un fournisseur dont on ne sait plus s'il était français, elle prend un après-midi.

Un dernier repère utile : les abonnements logiciels et les services numériques facturés par de grands acteurs européens représentent aujourd'hui l'essentiel des opérations autoliquidées d'une petite entreprise. Passer une fois en revue ses abonnements récurrents suffit à identifier une bonne part de ce qui, chaque mois, devra être déclaré.

Autoliquidation et Qileo

Le problème de l'autoliquidation, pour une petite structure, n'est pas la règle mais le repérage : il faut savoir, au moment où une facture arrive, qu'elle relève de ce régime. Qileo permet de recevoir et de catégoriser ses factures fournisseurs au même endroit que ses paiements, ce qui rend visibles les achats réalisés auprès de prestataires étrangers plutôt que de les laisser se fondre dans la masse des dépenses. La déclaration reste l'affaire de l'entreprise ou de son comptable ; ce qui change, c'est qu'elle part d'une information ordonnée.