Versement libératoire
Le versement libératoire permet à un micro-entrepreneur de régler son impôt sur le revenu en même temps que ses cotisations sociales, sous la forme d'un pourcentage de son chiffre d'affaires.
Optionnel et soumis à une condition de revenu fiscal de référence, il remplace l'imposition au barème progressif et rend l'impôt proportionnel au seul encaissé.
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C'est une case à cocher au moment de la création, et beaucoup de micro-entrepreneurs la cochent sans savoir qu'elle les engage pour l'année entière. Le versement libératoire transforme l'impôt sur le revenu en un prélèvement calculé sur le chiffre d'affaires, réglé en même temps que les cotisations. L'idée séduit : plus de régularisation, plus d'avis d'imposition surprise, une trésorerie lissée. Elle n'est pourtant avantageuse que dans une partie des situations, et franchement défavorable dans d'autres. Savoir de quel côté on se trouve demande un calcul de cinq minutes, rarement fait au bon moment.
Qu'est-ce que le versement libératoire ?
Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu est une option qui permet à un micro-entrepreneur de régler son impôt au fil de ses déclarations de chiffre d'affaires, sous la forme d'un pourcentage appliqué à ce chiffre d'affaires.
Le mot libératoire est à prendre au sens propre : une fois versé, l'impôt afférent à l'activité est acquitté définitivement. Il n'est plus recalculé au barème progressif, et aucune régularisation n'intervient l'année suivante.
Le taux appliqué dépend de la nature de l'activité, selon la même logique de catégories que le reste du régime micro : vente de marchandises, prestations de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux, activités libérales.
Ce prélèvement s'ajoute aux cotisations sociales, qu'il ne remplace pas. Les deux sont réglés ensemble à l'URSSAF, mais recouvrent des choses différentes.
Les conditions d'accès et le calendrier de l'option
L'option n'est pas ouverte à tous. Elle suppose que le revenu fiscal de référence du foyer, apprécié deux années avant celle de l'application, reste inférieur à un plafond fixé par part de quotient familial. Un micro-entrepreneur dont le conjoint perçoit des revenus élevés peut donc en être écarté, alors même que son activité est modeste.
Le calendrier obéit à deux règles distinctes selon le moment où l'on se décide.
À la création, l'option se formule au moment de la déclaration d'activité ou dans les trois mois qui suivent le début de l'activité.
Pour une activité déjà en cours, elle doit être demandée au plus tard le 30 septembre pour une application à compter du 1er janvier suivant. La même échéance vaut pour y renoncer.
L'option est donc annuelle et ne se modifie pas en cours d'année, ce qui explique qu'un choix fait à la légère se supporte pendant douze mois. Elle prend fin automatiquement si l'une des conditions cesse d'être remplie, notamment en cas de sortie du régime micro.
Pour qui c'est avantageux, pour qui ça ne l'est pas
Le raisonnement tient à une comparaison simple : le versement libératoire est un impôt proportionnel, appliqué dès le premier euro de chiffre d'affaires. Le barème progressif, lui, comporte une tranche non imposée.
Il en découle une règle claire. Un micro-entrepreneur dont le foyer n'est pas imposable, ou faiblement imposable, paie avec le versement libératoire un impôt qu'il n'aurait pas payé au barème. C'est la configuration la plus fréquente chez les indépendants en début d'activité, et c'est celle où l'option coûte de l'argent.
À l'inverse, un micro-entrepreneur dont le foyer se situe dans une tranche d'imposition élevée, parce que le conjoint perçoit un salaire important ou parce que l'activité est bien installée, trouve dans le prélèvement proportionnel un taux inférieur à celui qu'il supporterait au barème. L'option devient alors franchement favorable.
Deux effets secondaires méritent d'être connus. Le chiffre d'affaires reste déclaré sur la déclaration de revenus annuelle, même sous versement libératoire, car il entre dans le calcul du revenu fiscal de référence et du taux applicable aux autres revenus du foyer. Et un exercice déficitaire, au sens économique, n'ouvre droit à aucun remboursement : l'impôt a été prélevé sur le chiffre d'affaires, indépendamment du résultat réel.
Questions fréquentes
Peut-on changer d'avis en cours d'année ?
Non. L'option vaut pour l'année civile entière. La renonciation produit effet au 1er janvier suivant, si elle est formulée avant le 30 septembre.
Faut-il quand même déclarer son chiffre d'affaires aux impôts ?
Oui, sur la déclaration annuelle de revenus, dans une case dédiée. Il ne sera pas imposé une seconde fois mais servira au calcul du revenu fiscal de référence.
Le versement libératoire dispense-t-il du prélèvement à la source ?
Pour les revenus de l'activité, oui : l'impôt est déjà acquitté. Les autres revenus du foyer restent soumis au dispositif de droit commun.
Que se passe-t-il si le revenu fiscal de référence dépasse le plafond ?
L'option cesse de s'appliquer à compter de la deuxième année suivante. Le retour au barème progressif est automatique, sans démarche.
Faire le calcul avant de cocher la case
La méthode tient en trois étapes et ne demande aucun outil particulier.
Première étape, estimer le chiffre d'affaires annuel et appliquer le taux du versement libératoire correspondant à l'activité. Le résultat est l'impôt qui sera prélevé, connu à l'avance.
Deuxième étape, calculer l'impôt au barème : appliquer l'abattement forfaitaire au chiffre d'affaires pour obtenir le bénéfice imposable, l'ajouter aux autres revenus du foyer, et regarder le supplément d'impôt que cela engendre compte tenu du nombre de parts.
Troisième étape, comparer. L'écart est souvent net, dans un sens ou dans l'autre, et il ne dépend pas seulement de l'activité mais de la situation fiscale du foyer entier.
Ce calcul mérite d'être refait chaque année avant le 30 septembre, parce que les paramètres bougent : un conjoint qui change d'emploi, un enfant qui modifie le nombre de parts, une activité qui décolle. L'option prise à la création reste rarement la bonne trois ans plus tard, et elle ne se révise pas toute seule.
Versement libératoire et Qileo
Que l'on ait opté ou non, le prélèvement tombe en même temps que les cotisations, sur la base du chiffre d'affaires encaissé. Sur un compte Qileo, ces encaissements sont catégorisés au fil de l'eau et la part à mettre de côté cesse d'être une estimation faite la veille de l'échéance. Le compte s'ouvre rapidement, avec un IBAN français et sans les frais d'un compte professionnel classique, ce qui convient aux activités qui démarrent. Et les fonds qui y patientent entre deux échéances ne financent ni les énergies fossiles ni les industries controversées.