TVA déductible
La TVA déductible est la taxe qu'une entreprise a payée à ses fournisseurs sur ses achats professionnels et qu'elle peut récupérer auprès de l'État.
La déduction suppose une facture conforme, une dépense engagée pour les besoins de l'activité et une opération elle-même soumise à la taxe. Certains postes, dont les véhicules de tourisme, en sont exclus.
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Un dirigeant qui découvre la mécanique de la taxe s'arrête souvent sur la même idée : tout ce que l'entreprise achète lui revient moins cher, puisqu'elle récupère la taxe. L'intuition est juste dans son principe et fausse dans sa généralité. La TVA déductible obéit à des conditions précises, souffre d'exclusions explicites, et se récupère à une date qui n'est pas toujours celle de la facture.
Qu'est-ce que la TVA déductible ?
La TVA déductible est la taxe qu'une entreprise a payée à ses fournisseurs sur ses achats professionnels et qu'elle peut récupérer auprès de l'État.
Elle est la contrepartie exacte de la taxe collectée sur les ventes. Le mécanisme veut que seule la valeur ajoutée par l'entreprise soit imposée : elle reverse ce qu'elle a facturé à ses clients, diminué de ce qu'elle a supporté sur ses achats. C'est cette soustraction qui fait de la taxe un impôt sur la consommation finale et non une cascade d'impôts en chaîne.
La récupération n'est pas un remboursement au sens courant. Dans la très grande majorité des cas, elle prend la forme d'une diminution de ce que l'entreprise verse : la déclaration retranche la taxe déductible de la taxe collectée, et le solde seul est payé. Un remboursement effectif n'intervient que lorsque la déductible excède la collectée, situation qui donne naissance à un crédit de taxe.
Une entreprise qui ne facture pas la taxe ne la récupère pas non plus. C'est le cas d'un micro-entrepreneur en franchise en base, et c'est la logique du système : on ne déduit que si l'on collecte.
Les quatre conditions de la déduction
Une dépense ne suffit pas à ouvrir un droit. Quatre conditions se cumulent, et l'administration les vérifie dans cet ordre.
Une facture conforme. Le document doit mentionner l'identité complète du fournisseur et son numéro de taxe intracommunautaire, celle du client, la date, un numéro, le détail des biens ou services, le montant hors taxe, le taux et le montant de la taxe. Un ticket de caisse sans identification du client ne permet pas la déduction. Une facture au nom personnel du dirigeant non plus.
Une dépense engagée pour les besoins de l'activité. Le lien avec l'exploitation doit être réel et démontrable. Une dépense mixte, utilisée à la fois à titre professionnel et personnel, n'ouvre droit à déduction qu'à hauteur de sa part professionnelle, qu'il faut pouvoir justifier.
Une opération elle-même soumise à la taxe. Une entreprise qui réalise des opérations exonérées ne déduit pas la taxe supportée pour les besoins de ces opérations. Lorsqu'elle exerce à la fois des activités taxées et exonérées, la déduction est proportionnelle.
Une taxe devenue exigible chez le fournisseur. C'est la condition la plus oubliée. Pour un achat de biens, le droit naît à la livraison. Pour une prestation de services, il naît au paiement : tant que le prestataire n'a pas été réglé, sa taxe n'est pas exigible, donc son client ne peut pas encore la déduire. Déduire trop tôt la taxe sur une prestation non payée est une des erreurs les plus courantes en contrôle.
Questions fréquentes
Quels achats sont exclus du droit à déduction ?
Principalement les véhicules de tourisme et les frais qui s'y rattachent, les dépenses de logement engagées au bénéfice des dirigeants ou des salariés, et les cadeaux au-delà d'une valeur unitaire fixée par le code général des impôts. Les carburants suivent des règles propres selon le type de véhicule et de carburant.
Un repas d'affaires ouvre-t-il droit à déduction ?
Oui, les frais de restaurant sont déductibles dès lors qu'ils sont engagés dans l'intérêt de l'entreprise et justifiés par une facture au nom de celle-ci. Il est utile de noter sur la pièce le motif et les personnes présentes.
Que faire si on a oublié de déduire une taxe ?
Le droit peut être exercé jusqu'au trente et un décembre de la deuxième année qui suit celle de l'omission, par une déclaration rectificative ou par mention sur une déclaration ultérieure. Au-delà, il est perdu.
Une facture reçue en double peut-elle être déduite deux fois ?
Non, évidemment, mais le cas se produit en pratique quand une facture arrive par courriel puis par courrier. C'est l'un des motifs les plus fréquents de redressement sur des montants faibles mais répétés.
Quand un droit acquis se reprend
Une taxe déduite n'est pas toujours acquise définitivement. Certaines situations obligent à reverser tout ou partie de ce qui a été récupéré, et ces régularisations surprennent parce qu'elles interviennent des années après.
Le cas le plus fréquent concerne les immobilisations. Un bien acquis avec déduction de la taxe est censé rester affecté à une activité taxée pendant une période de référence, plus longue pour un immeuble que pour un matériel. S'il est cédé, détruit, ou affecté à un autre usage avant la fin de cette période, une fraction de la déduction est reversée, proportionnelle aux années restantes.
Le deuxième cas tient au changement de situation de l'entreprise elle-même. Une société qui bascule vers des opérations exonérées, ou qui revient à la franchise en base, doit régulariser la taxe déduite sur les biens qu'elle détient encore.
Le troisième concerne les entreprises qui réalisent à la fois des opérations taxées et exonérées : leur droit à déduction est proportionnel, et cette proportion se recalcule chaque année, avec un ajustement si l'écart est significatif.
Ces mécanismes ne se gèrent pas au fil de l'eau : ils se signalent au comptable au moment où l'événement se produit, cession ou changement d'activité, faute de quoi ils ressortent en contrôle.
Ce qui fait tenir un droit à déduction en contrôle
La TVA déductible est le premier poste vérifié lors d'un contrôle, parce que c'est celui où l'entreprise a un intérêt direct et où les pièces manquent le plus souvent.
Ce qui tient, c'est un dossier où chaque montant déduit correspond à une facture retrouvable, au nom de l'entreprise, rattachée à une dépense dont on peut dire à quoi elle a servi. Ce qui ne tient pas, c'est un tableur de suivi sans les pièces, des tickets illisibles, ou une déduction calculée sur un relevé bancaire faute de facture.
Trois pratiques simples y suffisent. Rattacher la pièce au paiement au moment où il a lieu, plutôt que de rassembler les documents à la clôture. Refuser une facture non conforme et en demander une correcte tant que le fournisseur est joignable, ce qui devient difficile un an après. Et documenter la part professionnelle des dépenses mixtes au moment de la dépense, car la reconstituer a posteriori relève de la fiction.
La généralisation de la facturation électronique va mécaniquement résoudre une partie du problème, en supprimant la perte des pièces. Elle ne dispensera ni du lien avec l'activité, ni du respect de la date d'exigibilité.
TVA déductible et Qileo
Ce qui fait perdre un droit à déduction n'est presque jamais une erreur de raisonnement : c'est une pièce manquante.
Chez Qileo, les justificatifs se rattachent directement aux opérations du compte. La facture est associée au paiement qu'elle documente, à la date où elle arrive, ce qui supprime l'exercice de reconstitution auquel se résume souvent la préparation d'une déclaration.
Les dépenses sont catégorisées au fil de l'eau, ce qui rend visibles les postes exclus du droit à déduction et les dépenses à usage mixte au moment où elles sont engagées, pas six mois plus tard. Les provisions destinées aux cotisations et à la TVA peuvent être identifiées séparément, et un accès en lecture peut être ouvert au cabinet comptable.
Le compte est ouvert avec un IBAN français, et les fonds déposés n'orientent ni vers les énergies fossiles ni vers les industries controversées.