Glossaire

E-invoicing

L'e-invoicing désigne l'échange dématérialisé de factures entre deux entreprises assujetties à la TVA, dans un format structuré exploitable automatiquement par les systèmes d'information.

Il se distingue de l'e-reporting, qui porte sur la transmission de données de transaction à l'administration fiscale et non sur la facture elle-même.

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Karim
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L'e-invoicing est le terme qui recouvre la partie la plus visible de la réforme française : l'obligation, pour deux entreprises assujetties à la TVA, d'échanger leurs factures sous forme électronique structurée plutôt que par courriel ou par courrier. Derrière l'anglicisme se cache un basculement d'organisation, pas seulement de format, et c'est ce qui explique pourquoi une entreprise peut être techniquement prête et opérationnellement en difficulté.

Qu'est-ce que l'e-invoicing ?

L'e-invoicing désigne l'émission, la transmission et la réception de factures entre entreprises dans un format structuré, exploitable automatiquement par les systèmes d'information, et transitant par une plateforme agréée.

Trois conditions doivent être réunies pour qu'une facture relève de l'e-invoicing au sens de la réforme. Les deux parties doivent être des entreprises assujetties à la TVA établies en France. La facture doit être émise dans l'un des formats du socle, Factur-X, UBL ou CII. Et elle doit circuler par une plateforme agréée, jamais en direct.

Si l'une de ces conditions manque, on sort du champ. Une vente à un particulier, une facture à un client allemand, une facture envoyée en PDF par courriel : aucune ne constitue de l'e-invoicing, même si les deux premières restent soumises à une obligation distincte, l'e-reporting.

Ce que le format structuré change vraiment

La différence entre un PDF et une facture structurée n'est pas cosmétique, elle est de nature.

Un PDF est une image de facture : un humain le lit, une machine n'y voit qu'une suite de caractères qu'il faut deviner. C'est pourquoi les outils de reconnaissance optique existent, avec leur marge d'erreur et leurs contrôles manuels.

Une facture structurée porte les mêmes informations dans des champs nommés. Le montant hors taxes n'est pas un nombre quelque part sur la page, c'est la valeur d'un champ identifié comme tel. Le logiciel du destinataire l'enregistre sans interprétation.

Le gain se situe côté réception

C'est le point qu'on sous-estime en parlant d'e-invoicing comme d'une contrainte d'émission. Une entreprise qui reçoit vingt factures fournisseurs par mois passait jusqu'ici un temps considérable à les saisir ou à corriger ce qu'un outil avait mal lu. Ce temps disparaît. Le bénéfice réel de la réforme, pour une TPE, se mesure d'abord sur ses achats, pas sur ses ventes.

Le calendrier, et ce qu'il impose déjà

Deux échéances organisent le dispositif, et elles ne concernent pas les mêmes opérations.

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques, sans exception de taille. À la même date, les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire ont commencé à en émettre.

Au 1er septembre 2027, l'obligation d'émission s'étendra aux TPE, aux PME et aux micro-entrepreneurs.

Cette asymétrie explique la situation de beaucoup de petites structures aujourd'hui : elles ont un an devant elles pour émettre, mais elles sont déjà tenues de recevoir. Un fournisseur qui a basculé en septembre leur adresse des factures électroniques dès maintenant, et l'entreprise qui n'a désigné aucune plateforme ne les reçoit tout simplement pas.

Questions fréquentes

Peut-on continuer à envoyer des PDF à ses clients jusqu'en 2027 ?
Pour les TPE et PME, oui : l'obligation d'émettre au format structuré ne s'applique qu'à partir de septembre 2027. Mais un client grand compte peut déjà exiger le format structuré au titre de sa propre conformité.

Faut-il changer de logiciel de facturation ?
Pas nécessairement. Beaucoup d'éditeurs se sont raccordés à une plateforme agréée. La question à poser est celle du raccordement, pas celle du logiciel.

Que deviennent les factures papier ?
Elles disparaissent des échanges entre entreprises françaises. Elles subsistent pour les particuliers et pour certaines opérations internationales. Une entreprise qui continuerait d'adresser une facture papier à un client professionnel français ne serait pas seulement en infraction : la facture ne serait pas opposable pour la déduction de la TVA chez son client, qui la refusera.

Et les factures déjà émises avant la bascule ?
Elles restent valables sous leur forme d'origine et se conservent telles quelles. La réforme ne rétroagit pas : elle s'applique aux factures émises à compter de la date d'obligation.

Les erreurs de préparation les plus fréquentes

Trois reviennent systématiquement chez les petites structures.

Ne préparer que l'émission. C'est l'erreur de calendrier évoquée plus haut, et de loin la plus coûteuse : elle provoque des factures fournisseurs non reçues, donc non payées, donc des relances et des charges non enregistrées.

Négliger la qualité des données clients. Une facture électronique est routée sur un identifiant. Un fichier client dont les SIREN sont incomplets, obsolètes ou absents produit des rejets en série dès la première émission. C'est un chantier à mener avant la bascule, pas après.

Oublier les mentions obligatoires. Le format structuré ne pardonne pas l'approximation : une mention manquante que personne ne remarquait sur un PDF devient un motif de rejet automatique. Passer en revue son modèle de facture avant septembre 2027 évite de découvrir le problème sur les premières factures réelles.

E-invoicing et Qileo

Qileo permet aux indépendants, freelances et petites entreprises d'émettre leurs factures et de recevoir celles de leurs fournisseurs via une plateforme agréée partenaire, depuis le même espace que leur compte professionnel. La réception, qui est l'obligation déjà en vigueur, se règle ainsi sans projet séparé, et le paiement des factures reçues se fait depuis le compte qui les a reçues. Pour une structure de quelques personnes, c'est la différence entre une mise en conformité et un simple changement d'habitude.